S’il te plait, Gemini, dessine-moi une leçon !

« Utiliser l’IAG pour transformer une intuition abstraite en un support visuel concret » : En découvrant ce post d’Isabelle de Gurbert, j’ai immédiatement reconnu le fil rouge de ce blog : utiliser la vision pour penser.
J’ai donc pris contact avec Isabelle pour comprendre comment elle utilise l’IA générative afin de donner forme à ses images mentales alors qu’elle est « incapable de dessiner le moindre trait ». Voici ce qu’elle m’a confié.

Isabelle, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai été libraire et j’ai un double cursus en Lettres (poésie, rhétorique) et droit.

J’ai toujours eu besoin de tout comprendre du début à la fin. Si on veut me perdre dans une conversation, il suffit de me dire « c’est comme ça », ou encore « c’est la règle ». J’ai donc eu des débuts très compliqués à l’école : on m’appelait « madame pourquoi ». J’ai été une élève en grande difficulté. Ma planche de salut a été de mettre en place une série de stratégies pour m’expliquer à moi-même en me créant des images verbales et lexicales. J’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup souffert à l’école. Et donc je suis devenue prof pour que les élèves aiment l’école.

Depuis 25 ans je me consacre à l’enseignement des langues avec une pédagogie fondée sur la quête du vrai (l’ »etymon »grec). Pour moi la notion de Juste — entendue à la fois comme justice et justesse — est essentielle. La dimension étymologique est ici fondamentale. Cela permet de traiter le mot par la racine et donc de ramener le concept à quelque chose d’extrêmement concret et potentiellement illustrable et visuel.

Et l’IA dans tout ça ?

J’ai eu mon moment eurêka avec l’arrivée de l’IAG ! Moi qui ne savais pas dessiner — pas un trait, pas une esquisse, rien —, j’allais enfin pouvoir rendre accessibles à mes apprenants les images lexicales, mentales, conceptuelles et métaphoriques que je me suis créées depuis des années !
J’en ai même fait le cœur de mon offre professionnelle STUDI2G que je suis en train de créer. Je me suis beaucoup renseignée, notamment en comparant les offres disponibles (Claude, ChatGPT…).
Au final je travaille avec les outils Gemini (NotebookLM et Nano Banana). Avant de recourir à l’IA, j’avais déjà accumulé tout un corpus de textes, de définitions, de cours qui m’ont permis d’alimenter NotebookLM. J’ai rajouté une planche que j’ai faite au départ avec Gemini où j’ai travaillé ma propre image dans le style steampunk et mon personnage que j’ai appelé « Onoma Holmes » (donc le prénom veut dire « nom » en grec, sinon c’est pas drôle).

Le résultat ? Une transformation saisissante, une incarnation de mon enquêtrice linguiste dans une esthétique steampunk travaillée au millimètre près, grâce à un prompt ultra précis.

L‘IA ne se substitue en rien à la créativité. Elle est un pinceau numérique, pas le peintre. Pour moi l’IA c’est un outil, ni plus ni moins. Si on en a un usage éthique, conscient, et puis surtout si ça ne vient pas prendre la place de la création, si la création est originale, l’IA, dans ce cas précis, n’est pas une menace pour la créativité, elle est son accélérateur.

Je crois qu’on a tous le droit d’utiliser des outils. Par exemple, quelqu’un qui aurait une idée géniale, mais qui a des problèmes d’orthographe, etc. parce qu’il a eu des dyslexies, il va utiliser un correcteur d’orthographe et ça choque strictement personne — et je trouve ça même très bien. Parce qu’à un moment, quand on veut fournir un contenu final, on se doit de le peaufiner et de se dépasser.

Merci Isabelle !

Nos usages, nos réserves, nos enthousiasmes reflètent aussi nos préférences cognitives. Le reconnaître serait déjà un progrès dans la qualité des débats autour de l’IA.

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Ce blog est à la fois un cabinet de curiosités et un outil de veille, avec 2 terrains d’observations privilégiés : l’IA générative et les théories du complot.