# Quels regards face au complotisme ?

Depuis plusieurs années, j’interviens sur le complotisme et les fake news. Avec l’EBD, j’ai conçu un serious game pour rendre les apprenants — et le grand public — plus autonomes face aux récits toxiques.

Et pourtant. À force d’animer ces séances, une insatisfaction s’est installée.

Nos explications du complotisme sont désincarnées. On décrit un « biais de confirmation » comme on décrirait un défaut de fabrication alors qu’à l’évidence nous n’avons pas de cerveau B. En revanche en face il y a un récit, une émotion, une communauté.

À l’évidence le fact-checking atteint ses limites. À l’heure des « vérités alternatives » avoir raison ne suffit pas.

Alors j’ai pris le temps de m’arrêter. Et de changer de regard dans le sillage de Marie Peltier, pour qui la désinformation n’est pas une panne cognitive mais une offensive politique.

Comme souvent sur ce blog, je suis parti d’une intuition simple : lorsqu’un phénomène devient difficile à expliquer avec des mots, il est souvent fécond de changer de représentation. La fresque ci-dessus, qui s’articule autour de 3 regards, est née de cette conviction.

Le premier regard s’appuie sur un triangle de Penrose : chaque angle est juste, la figure entière est impossible. C’est le complotisme un montage local vraisemblable mais un ensemble qui ne tient pas.

Le deuxième regard met en scène un point de fuite : tout converge vers un point de vérité unique. C’est le fact-checking, et c’est sa force autant que sa limite. À l’heure des « vérités alternatives », le vrai ne s’impose plus par sa seule autorité.

Le troisième regard ne choisit pas un point de vue : il les déploie. C’est la méthode aspective des Égyptiens, et c’est le regard que je cherche depuis mon serious game avec l’EBD.

La série de billets à venir raconte comment j’y suis arrivé.

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Ce blog est à la fois un cabinet de curiosités et un outil de veille, avec 2 terrains d’observations privilégiés : l’IA générative et les théories du complot.